c — Le piégeage
par plateau coloré
d — Piégeage aux peaux de mammifères morts
e — Les
pièges à Cétoines et Cerambycidés
f — Piégeage des insectes cavernicoles en dehors des gouffres
g — Piège à Papillons de jour
h — Piège « malette » à
Papillons de nuit
i — Piège
« léger » à papillons de nuit
Depuis son apparition à Tautavel, l'Homo sapiens a
élaboré diverses techniques lui permettant d'obtenir ce qui lui était
nécessaire. Il lui fallait de la viande pour vivre aussi était-il chasseur,
mais, le gibier est méfiant et rapide, aussi a-t-il eu l'idée de piéger en
mettant tous les obstacles possibles sur le chemin de sa proie. Les générations successives ont amélioré les
techniques qui de Solutré (à l'inverse de Mr. Mitterand qui y montait)
faisaient chuter les chevaux sauvages, jusqu'aux balles à seringues
soporifiques ont permis à l'Homme de capturer tout ce qu'il voulait.
De même, l'entomologiste,
qui au début se contentait de ramasser tout "escarbot" qui croisait
son chemin, a-t-il été attiré par les méthodes efficaces issues de la technique
moderne.
C'est ce que nous allons
découvrir ou redécouvrir au long de ces articles en espérant que nombreux
seront ceux qui auront à proposer des solutions pour attirer au piège des
insectes qui, jusqu'à ce jour, refusent obstinément d'en approcher.
Le principe général du
piégeage est simple : il consiste à attirer à un endroit donné l'insecte
désiré. Pour l'y amener, on peut jouer sur l'attirance crée par une lumière, un
aliment, ou une matière rappelant le sexe opposé.
Les pièges lumineux :
Ils vont du réverbère au
projecteur d'aéroport et sont copiés par les entomologistes qui ont imaginé de
nombreux moyens de capture allant du drap tendu éclairé par des sources
lumineuses diverses : lampes (blanches, UV, de Wood...), à des pièges dans
lesquels l'insecte se trouve prisonnier une fois entré, attiré qu'il est par la
source lumineuse.
Les pièges alimentaires :
Ils consistent à mettre à
disposition de l'insecte ce qu'il consomme en général ou ce qui l'attire par sa
ressemblance avec ce qu'il recherche.
Les entomologistes ont inventé au cours des temps de
nombreuses "mixtures" permettant d'attraper les insectes à la
miellée, de les attirer dans des pièges garnis de petits cadavres (pour les
nécrophages), d'excréments (pour les coprophages), de fruits avancés (pour les
Cetonidae), d'escargots écrasés (pour les Carabidae), de branchettes de fagots
(pour les Cerambycidae et les Buprestidae). Ils ont aussi découvert que
certains de nos insectes européens (papillons, guêpes et coléoptères) étaient
friands de bière, de vin, de vinaigre et de bien d'autres produits de
fermentation et qu'il suffisait de savoir présenter la table pour que la
récolte soit abondante.
Les pièges sexuels :
Fabre a raconté dans des pages
célèbres l'attirance des mâles de Saturnia pyri par une femelle non
fécondée enfermée sous une cloche grillagée. Cette femelle dégage un produit
odorant détectable à grande distance. Depuis, la chimie a fait des progrès
immenses et synthétise artificiellement ces "phéromones", substances
sexuelles spécifiques à chaque espèce pour essayer de détruire nos fidèles
ennemis, pour préserver notre santé et nos cultures.
Malheureusement pour
l'entomologiste (et heureusement pour le sport entomologique) la réalisation de
ces produits suppose de sérieuses recherches et des clients capables d'en
amortir les frais, ce qui fait que nous ne possédons pas encore les phéromones
d' Hemicarabus nitens, de Potosia mirifica, de Callicnemis
latreillei ou de Parnassius phoebus.
PIEGES AU SOL
b — Le piège à Coprophages R.A.R.E. Tome
II (2) 1993 : 3 (J. Leplat)
La capture des coprophages ne nécessite pas de pièges à la condition de ne pas être écœuré par la recherche de ces insectes dans et sous les déjections animales ou humaines. Le piégeage évite cette recherche.
Le premier type consiste à
déposer des déjections sur un support qui laissera passer les insectes et les
retiendra dans le piège situé au dessous du support. Le support consiste en un
grillage à mailles carrées ou hexagonales ( grillage ) dont la maille dépend
des insectes que vous souhaitez capturer. Par exemple une maille carrée de 10 x
10 mm laisse passer Aphodius et Onthophagus et retient la plupart des
Geotrupes. Une maille de 15 mm laisse passer tous les coprophages (à l'exception
peut-être de Scarabaeus sacer L.). A l'inverse une maille de 5 x 5 mm ne
laissera passer que les Aphodius.
Le piège est constitué d'un
récipient cylindrique ou conique (boite ou seau) dont l'ouverture est en
rapport avec la taille de la grille et des excréments déposés. Ce récipient est
rempli à demi d'eau additionnée d'un produit mouillant (type Mir). Les supports
sont garnis d'excréments à différents stades de dessiccation: en effet les
coprophages sont en général attirés par des excréments frais ou plus ou moins
desséchés selon les espèces. Les pièges sont enterrés jusqu'au support dans des
lieux ensoleillés fréquentés par les animaux auteurs des déjections.
En forêt, en utilisant les déjections de
cerfs, chevreuils ou sangliers, c'est la bordure ensoleillée des chemins qui
est le lieu idéal de piégeage.
Les pièges sont visités tous les huit jours
et laissés en place pour capturer les espèces qui préfèrent les excréments plus
secs.
Il suffit de mettre les insectes à dégorger
leur eau dans un flacon garni de sciure additionnée d'éther acétique.
Le second type de piège
consiste à capturer les coprophages attirés par les déjections avant qu'ils ne
les atteignent. Le piège est constitué alors d'un cylindre de la taille des
déjections, recouvert d'une toile de tamis à maille fine (le tamis fonctionne à
l'inverse du support précédent, il est là pour retenir l'insecte), ce tamis est
lui-même recouvert d'un cylindre garni en partie supérieure d'un cône dont le
centre est ouvert sur un diamètre de 2 à 4 cm. Les pièges sont posés sur
des déjections à tous les stades de dessiccation au petit matin et doivent être
relevés au plus tard 24 heures plus tard . Les insectes retenus par le tamis
sont renversés sur une toile et versés dans un flacon de chasse . Un léger lavage
suffit ensuite à les rendre parfaits
la collection.

c — Le piégeage par plateau coloré R.A.R.E.
Tome II (1) 1993 : 2-4 (Thierry NOBLECOURT)
La méthode de piégeage par
plateau coloré est une méthode très efficace, qui demande peu de moyens, mais
qui a le désavantage de nécessiter une visite fréquente des pièges : 2 à 3 fois
par semaine ! Ce type de piégeage ne convient donc que dans les zones à
proximité de l'habitation du piégeur ou éventuellement le long d'un itinéraire
utilisé fréquemment : travail, courses etc...
Description et principe de fonctionnement :
Le principe est d'attirer
l'insecte et de le retenir non pas par un leurre olfactif comme pour la plupart
des pièges , mais par un leurre visuel qui va tenter d'imiter les fleurs.
En fait le piège consiste en
un récipient ( genre assiette ) de 3 cm de profondeur environ et de couleur
jaune ( les assiettes de camping en plastique conviennent à merveille ).
La couleur a son importance :
il a en effet été remarqué que la couleur jaune avait le maximum d'attraction
sur les insectes floricoles, vient ensuite la couleur blanche, avec de moindres
résultats, et enfin la couleur bleue avec des résultats encore plus faibles. La
nuance a également son importance puisqu'il a été remarqué que le jaune orangé
donnait de meilleurs résultats que le jaune citron. Je pense tout simplement
qu'il suffit de regarder les fleurs sauvages dans la nature et on pourra
s'apercevoir que la couleur jaune orangée est souvent dominante, surtout en
début de saison, et qu'ensuite le blanc domine (avec les Ombellifères). Il
serait d'ailleurs peut-être judicieux d'envisager des comparaisons de résultats
en changeant les couleurs des pièges en fonction de la saison et de la couleur
dominante dans la nature ....
Le principe est donc d'attirer
l'insecte convoité par un leurre. Il suffira donc, pour le capturer, de remplir
l'assiette avec de l'eau dans laquelle on ajoutera quelques gouttes de détergeant
(genre Mir). Il faut mettre très peu de détergeant (comme le signale la
publicité: quelques gouttes suffisent... ) En cas d'excès on aura la mauvaise
surprise de voir les insectes enrobés dans une pellicule blanche qui sera très
difficile à éliminer. En effet , le détergeant à tendance à floculer et à se
déposer au fond de l'assiette sous l'action du soleil et de la chaleur. Le rôle
du mir est en fait très simple : les insectes ayant une respiration trachéenne,
le détergeant rend l'eau plus mouillante ce qui lui permet de pénétrer dans les
trachées et de noyer rapidement l'insecte. Le pouvoir dégraissant du détergeant
va également "dégraisser" les poils de l'insectes, ce qui va
permettre à l'air emprisonné de s'échapper et de faire couler l'animal quasiment
instantanément, évitant ainsi les fuites .
Insectes capturés :
Ces pièges sont très
attractifs et ils permettent de capturer de nombreuses familles. Les insectes
capturés en plus grand nombre sont les diptères et les hyménoptères. (Apidae,
Vespidae, Symphytes, Ischneumonidae, Chrysidés... ) Viennent ensuite les
Coléoptères ( longicornes, cétoines, buprestes, chrysomèles, charançons,
taupins, cléridés, staphylins, petits coléoptères aquatiques, etc... ainsi que
nombreuses petites espèces) , des homoptères ( cigales, cicadelles, pucerons)
des hémiptères ( reduvidés, pentatomides et autres punaises et même des
notonectes ! ), des lépidoptères diurnes et nocturnes ( malheureusement souvent
irrécupérables !), des perles, des phryganes, des éphémères et même des
odonates (j'y ai trouvé parfois quelques agrions !) et même des nécrophores
lorsque les assiettes ne sont pas nettoyées assez souvent ! En fait on attire
ainsi la majorité des insectes floricoles, mais je me demande si on attire pas
également certains carnassier car je ne pense pas que ceux-ci tombent dans les
pièges par hasard. En fait l'assiette doit également être un leurre pour eux et
représenter une grande fleur jaune sur laquelle seraient posées des proies (qui
sont en fait dans l'eau). Ce serait à vérifier .
Installation et mise en place :
Les pièges sont installés sur des petits plateaux de
bois (j'utilise du contreplaqué marine de 10 mm) dont la taille ne doit pas
trop excéder celle de l'assiette. Ces plateaux sont fixés au bout d'un piquet
qui sera enfoncé dans le sol .La hauteur entre l'assiette et le sol est très
importante : l'idéal est d'ajuster la hauteur de l'assiette à celle de la
végétation avoisinante, en général comprise genre 0,30m et 0,80m. Au delà d'un
mètre, les résultats sont généralement maigres sauf dans les ombellifères.
Pour maintenir l'assiette sur
le plateau ( gare au vent, aux bêtes sauvages, et ... aux curieux) mais
néanmoins garder la possibilité d'enlever souvent l'assiette, toutes les
astuces peuvent être imaginées. Personnellement j'ai opté pour quatre clous de
5 cm
environ a large tête plate que je plante sur
le plateau en contreplaqué tout autour de l'assiette de façon à ce que les
têtes des clous viennent reposer sur le bord de l'assiette et la sertissent.
L'assiette étant en plastique, je n'ai aucun mal à la déformer légèrement pour
la sortir de son étreinte et à la réengager ensuite sous les têtes des clous.
Ce système est efficace, il n'est peut-être pas le meilleur.
Il a été observé qu'il
existait des zones dans lesquelles il y a de nombreux déplacements d'insectes
et d'autres dans lesquelles il n'y a presque aucun insecte. Pour éviter ces
couloirs sans insectes, je met en général 4 ou 5 assiettes dans une même zone,
distantes d'un dizaine de mètres. Le choix du site de piégeage est également
important, et on augmentera l'efficacité en choisissant des zones dans
lesquelles la végétation est la plus diversifiée possible. Les prairies
fleuries sont en général très fiches, mais les bordures de ruisseaux, les lisières
de forêt, les clairières donnent également d'excellents résultats.
La récolte doit s'effectuer 2
à 3 fois par semaine: en effet d'une part l'eau s'évapore très rapidement sous
l'effet de la chaleur et du vent, et les insectes baignant dans de l'eau tiède
voir même chaude en plein été ont tendance à se décomposer en quelques jours.
Personnellement je relève les pièges deux
jours fixes dans la semaine et je rapproche les visites par temps chaud. Le
détergeant ayant tendance à se précipiter assez rapidement au fond et les
insectes à se décomposer, je change l'eau chaque semaine de façon à ce qu'elle
reste bien transparente (meilleurs résultats, et meilleure vision des insectes
au fond de l'assiette).
Les insectes piégés sont
généralement gorgés d'eau ce qui rend la conservation de certaines famille
assez délicate (diptères, hyménoptères et insectes à corps mou d'une façon
générale). Aussi lorsque je relève les pièges, je plonge les captures dans de
l'alcool à 90° de façon à les déshydrater durant quelques heures, et ensuite je
les
conserve dans des petits tubes remplis
d'alcool à 70° (les insectes conservés trop longtemps dans de l'alcool à 90°
sont trop déshydratés et deviennent très rigides et difficiles à manipuler).
Les coléoptères peuvent être directement mis en couches après avoir été lavé à
l'eau claire.
Attention I En cas de conservation des
insectes dans l'alcool à 70°, pensez à stocker vos tubes à l'abris de la
lumière et dans un endroit frais. En effet, vous risquer de retrouver vos
insectes fortement décolorés, et un excès de chaleur peut faire sauter les
bouchons des tubes à votre insu , et vous retrouverez quelques mois plus tard
vos insectes complètement desséchés et emmêlés les uns aux les autres, les
rendant inutilisables, l'alcool s'étant alors totalement évaporé.
Je me procure les assiettes au rayon camping
dans les supermarchés mais d'une année sur l'autre, il n'est pas toujours
facile d'en trouver.
Remarque : Le nombre d'insectes capturés est
souvent très important et ils appartiennent à de nombreux ordres ou familles
différents dont certains ne retiendront pas votre intérêt. Plutôt que de les
jeter, consultez les collègues car les insectes inintéressants pour vous
peuvent être un trésor d'informations pour d'autres.
C'est un piégeage facile à
réaliser à la condition de disposer d' un jardin tranquille et relativement
isolé et surtout peu visité des chats.
Dans un coin relativement
ombragé, on pose sur le sol garni de 4 à 5 cm de sable fin une peau d'animal
fraîchement dépouillé (Lapin par exemple) coupée en deux moitiés égales, l'une
côté peau sur le sol l'autre côté poils.
Au
fil des jours il suffit de récolter les différents insectes qui viennent s'y
réfugier en ayant soin de maintenir les deux morceaux de peau humides sans
excès.
Les
insectes les plus courants dans ce genre de pièges sont les Trogides, les
nécrophores et les Staphylinides. On trouvera également des Aphodiines, des
Ténébrionides et quelques Carabides profitant de la nourriture ou des larves
qui vivent à cet abri.
C'est
dans l'ensemble une population très diversifiée composée d'insectes peu
courants et à ce titre très intéressants pour l'entomologiste.
Cette chasse très particulière
doit se préparer en hiver, elle est surtout intéressante pour les petites
espèces de Cerambycidae et de Buprestidae difficiles à trouver dans la nature.
Le principe en est simple, il
consiste à tromper les femelles des espèces recherchées en leur proposant des
branchettes pour y déposer leur ponte.
Tout d'abord il est important
de préparer l'opération avec soin: dans un premier temps en fouillant la
documentation pour connaître les espèces susceptibles d'être dans le secteur
prospecté, puis de sélectionner les espèces d'arbres sur lesquels on va
travailler, enfin en notant les périodes d'apparition et de ponte le cas
échéant.
Pendant la période précédente
on fera une reconnaissance dans le secteur retenu pour vérifier l'existence des
essences intéressées et on repèrera l'emplacement des arbres sur lesquels on
accrochera les fagots.
Dans les semaines précédant
l'apparition des insectes on retournera sur le site pour fabriquer les fagots
constitués d'une dizaine de branchettes d'environ 20 cm de long et de 10 à 15
mm de diamètre, attachées ensemble par un fil de fer suffisamment robuste pour
résister au vent ; une fois les fagots constitués on les accrochera dans
l'arbre d'où ils ont été coupés.
L'emplacement le meilleur sera
recherché en posant ces fagots à diverses orientations et hauteurs, en général
les insectes recherchent plutôt les secteurs ensoleillés et bien dégagés mais
ceci n'est pas absolu tant s'en faut.
On recueillera les fagots dans les deux mois suivant l'apparition des insectes et il ne restera plus qu'à attendre l'année suivante en mettant les branchettes dans des récipients aérés et en humidifiant légèrement le bois de temps en temps. A. Villiers utilisait de grands flacons en verre à large goulot fermés d'une étamine. La circulation de l'air est importante sinon les branchettes se recouvrent très vite de moisissures empêchant tout développement des insectes.
A titre d'exemples :
Oplosia fennica Paycull ( Coléoptère Cerambycidae )
Villiers indique que l'insecte
affectionne les branches mortes ou dépérissantes de Tilleul ( entre autres
essences ) et que les adultes apparaissent en juin/juillet. Elle est rare en
France mais signalée de nombreux secteurs de la moitié sud.
Anthaxia manca Linné ( Coléoptère Buprestidae )
Schaefer indique que la larve
se développe sous l'écorce de branches d'ormeaux dépérissantes ou coupées,
l'adulte est visible fin mars début avril à fin juillet.
Cette méthode de piégeage
n'est pas applicable à toutes les espèces mais uniquement à celles dont les
larves vivent dans les branchettes jusqu'à leur émergence. Par contre elle
intéresse un bon nombre de petites espèces qui sont en général bien difficile à
capturer.
Pièges aériens
e — les pièges à Cétoines et Cerambycidés R.A.R.E. Tome
II (1) 1993 : 8-9 (J. Leplat).
Ce piégeage concerne
essentiellement les cétonidés et les longicornes parmi les coléoptères ainsi
qu'un grand nombre de vespidés. Il a l'inconvénient d'attirer un certain nombre
de lépidoptères (surtout des noctuelles) qui sont pratiquement irrécupérables
car noyés et frottés.
Le piège est constitué d'un
récipient cylindrique capable de contenir le liquide d'appel et d'empêcher tant
que faire se peut les insectes qui y sont entrés de s'en échapper.
Les bouteilles de plastique
sont les éléments les plus commodes pour les réaliser.
Le piège le plus facile à
réaliser consiste à prendre une de ces bouteilles, à la couper au départ du
cône et près du goulot afin d'obtenir les deux parties du piège (voir schéma n°
1). L'entonnoir est coincé à force et un fil de fer fixé en deux trous
pratiqués au travers du réservoir et de l'entonnoir servira à suspendre le
piège.
L'inconvénient de ce piège est
de le transformer en hygromètre dès qu'il pleut.
Certains collègues ont amélioré le modèle en
perçant des trous de petit diamètre au niveau du liquide afin d'obliger l'eau
de pluie à s'écouler, mais le liquide de piégeage se dilue et devient moins
attractif.
Un autre piège consiste à
prendre la bouteille et à percer deux trous de 5 cm de diamètre environ
aussitôt après la partie conique et à conserver le bouchon. Un fil de fer serré
autour du goulot permet d'accrocher le piège (voir schéma n° 2).
L'inconvénient de ce piège est
de permettre aux insectes de ressortir et aussi d'offrir des ouvertures dans un
plan vertical, il a l'avantage d'éviter que la pluie y pénètre. La combinaison
des deux pièges nous a amené à utiliser un piège plus efficace fabriqué avec
deux bouteilles de même modèle : on effectue dans la partie cylindrique haute
une ouverture rectangulaire de 5 cm de hauteur sur la moitié du diamètre et on
introduit par cette ouverture un cône provenant de la seconde bouteille que
l'on coince à force juste en dessous de l'ouverture. L'accrochage se fait par
un fil de fer serré sous le goulot.
La mise en place de ces pièges
est un moment délicat, en effet la plupart des insectes à capturer volent au
plus haut des arbres et il faut donc mettre le piège à leur portée. Deux
méthodes sont utilisées : le fil nylon ou la " canne à pêche ".
Le bout du fil nylon est
accroché à une pierre que l'on lance vers une branche haute ou qu'on projette
avec une fronde ou un arc et une flèche. Lorsque le fil est posé sur la branche
souhaitée et que la flèche ou la pierre sont retombés à terre on accroche le
piège à un bout du fil et on le fait monter après avoir mis le liquide d'appel.
Le piège est maintenu en place en nouant le fil nylon (ne pas oublier de garder
la longueur nécessaire à la descente du piège) au tronc ou à une branche.
L'inconvénient de cette méthode est qu'elle facilite la visite des pièges.
La méthode de la " canne
à pêche " consiste à se munir d'une canne à pêche télescopique très
longue, en fibre de carbone ou matériaux équivalent, d'en supprimer le scion
terminal et de la remplacer par une petite fourche que l'on fixera solidement
au plus petit élément. Il ne reste plus qu'à monter le piège avec cette canne à
sa plus grande hauteur et de venir le rechercher ensuite avec le même outil.
Le produit d'appel peut être
soit un liquide, vin ou bière, additionné de sel pour assurer la conservation
des insectes et du produit d'appel, et de sucre pour faciliter une fermentation
qui augmente l'attrait du piège, soit de fruits avancés et fermentés avec de la
bière et du sucre : pêches, abricots, poires et bananes donnent de bons
résultats.
Les pièges sont pendus de
préférence à des arbres isolés, en bordure de clairière, de route ou de
lisière, les expositions les meilleures sont du SW au SE bien que des pièges
exposés au nord aient donnés d'excellents résultats.
Ces pièges aériens sont très
exposés au vent et au soleil aussi convient-il de les relever dans les 15 jours
suivants la mise en place sous peine de retrouver les insectes desséchés dans
une croûte de sel, de sucre, liquide évaporé. Les pièges à fruits fermentés
sont à relever encore plus rapidement pour éviter la détérioration des
insectes.
Lors de la visite des pièges
il convient comme pour les pièges au sol de placer les insectes capturés dans
un récipient contenant de l'eau et un détergent (Mir) additionnée d'un peu
d'éther acétique car certains insectes ne sont qu'endormis. Il suffira ensuite
de laver les insectes à plusieurs eaux, de les égoutter et de les stocker dans
de la sciure de bois additionnée d'un peu d'éther acétique.
f — Piégeage des insectes cavernicoles en
dehors des gouffres R.A.R.E.
T. III (2) : 20-21, 1994 par Jacques Leplat.
Les insectes cavernicoles sont une branche de
l'entomologie qui suppose, en
dehors d'une connaissance particulière du milieu et
de ses habitants, des qualités physiques et mentales ainsi qu'une organisation
matérielle non négligeable pour capturer des insectes dans les cavités
naturelles ou les mines abandonnées.
N'étant plus d'âge à pratiquer
la spéléologie et, pourquoi le cacher, sérieusement claustrophobe, j'ai découvert
avec joie une façon de participer au développement de cette branche de
l'entomologie sans en avoir les inconvénients.
Il y a de cela quelques années
un collègue m'a adressé une communication de MA4. C. Juberthei et B. Delay du
Laboratoire sous-terrain du CNRS de Moulis (09), présenté par ces derniers au
8e Congrès International de Spéléologie de Bowlingbreen (USA) en 1981 . L'objet
de cette communication est de faire connaître l'existence de nombreux insectes
cavernicoles pratiquement sous nos pieds dans les zones qui sont appelées
"milieux sous-terrain superficiel". Ils ont en effet découvert que
dans de nombreux endroits les roches sont fortement fissurées, qu'il s'agisse
de granite, de schiste et même de calcaire, que ces fissures communiquent entre
elles Et abritent une faune de type cavernicole. Les zones étudiées étaient les
Pyrénées Centrales, les Alpes et les Carpathes.
Pour connaître cette faune il
suffit de parvenir au "milieu sous-terrain superficiel" sous l'humus
et le sol compact, et d'y déposer un piège. Celui-ci est composé d'un récipient
cylindrique de 10 cm environ de hauteur et de 6 à 8 cm de diamètre. Il est
garni d'eau additionnée de sel et éventuellement appâté dans sa partie
supérieure avec une croûte de fromage ou une crevette.
'Une fois le piège en place,
il est recouvert de pierres permettant le passage des insectes puis d'une
couche de terre compactée fermant hermétiquement le trou afin d'éviter
l'intrusion d'insectes extérieurs.
Ces pièges sont visités deux
fois par mois et peuvent être laissés en place pendant de longues périodes. Il
est en effet apparu que la température du milieu est toujours supérieure à 10°C
et n'excède pas 20°C pour les pièges installés dans nos régions à une altitude
variant de 400 à 1000 m.
Les dessins joints donnent un certain nombre d'indications. La figure 1 donne l'allure générale du sol dans les secteurs intéressant, Cl est 1 couche qui nous intéresse et au contact de laquelle il convient de piéger. La figure 2 montre l'installation des pièges sur des terrains faiblement pentus ou en talus.
Aucune étude n'a été
entreprise à ma connaissance dans les Pyrénées Orientales mais chacun d'entre
nous a eu l'occasion de remarquer des zones importantes de fracturation en
surface pour conclure que dans le voisinage de ces secteurs il doit être
possible de procéder à de telles recherches.
Parmi les insectes cités dans
cette communication il faut signaler des Coléoptères tels Speonomus
hydrophilus, trois espèces d'Aphaenops, des Diplopodes du genre Typhloblaniulus
ainsi que des Collemboles.
3/ Pièges à Papillons
b — les pièges à Papillons de jour
c — les pièges à Papillons de nuit
Fabrication d’un piège lumineux automatique R.A.R.E. T. VII (1) Par le Dr Charles TAVOILLOT
Depuis fort longtemps, plus de 40 ans, j'ai utilisé des pièges fixes pour la capture des nocturnes. Au début ces pièges, placés dans le jardin fonctionnaient sur le secteur avec une lampe à vapeur de mercure de 150 Watts. Par la suite je les ai remplacées par des tubes à lumière noire ou bleue,18 watts, sur réglette 220 volts.
Ils m'ont permis de capturer de très nombreuses espèces et parfois même quelques raretés, ce qui a constitué une base non négligeable de ma collection. Mais il est certain que ces pièges fixes ne peuvent avoir grande ambition puisqu'on ne prospecte qu'une zone très réduite et habituellement peu favorable. Ils ont toutefois l'avantage de pouvoir entretenir une activité entomologique permanente.
Les pièges portables ont un intérêt bien plus considérable. Ils sont très efficaces et peuvent être mis en sus dans un biotope favorable sans la contrainte d'être présent.
Un piège portable doit répondre à plusieurs critères : outre son efficacité il doit pouvoir être transporté sans problème jusqu'au biotope choisi à quelques centaines de mètres de la voiture. Il doit aussi respecter la faune et donc ne pas comporter de système « tueur ».
Le but de cet article est de donner toute précision pour la fabrication du modèle de piège que j'utilise avec satisfaction.
PRINCIPE GENERAL
Ce piège (photo N° 1), cubique, est constitué d'un cadre léger en bois dont les quatre faces sont habillées d'une moustiquaire suffisamment transparente pour laisser passer les rayons attractifs d'un tube lumineux alimenté par une batterie. Ce piège, démontable, s’assemble très rapidement et entre dans une mallette de transport (photo N° 2).
Attirés par la lumière, les papillons buttent sur la moustiquaire à laquelle ils s'agrippent puis, leur propension à monter fait qu'ils s'engagent dans une des chicanes et ils se retrouvent à l'intérieur du piège où l’on aura disposé une pile de "cartons à oeufs". Ces derniers constituent d'innombrables recoins permettant aux papillons de se cacher, ce qui limite leur activité.
Lorsque le jour se lève, certains papillons, essentiellement les Géomètres, retrouvent une activité et essaient de quitter le piège attirés par la lumière du jour. Mais la plupart du temps ils ne retrouveront pas le chemin de la sortie.
FABRICATION DU PIEGE
1°/ Confection des cadres
a) On confectionnera quatre cadres carrés de 52 cm de côté (dimensions extérieures).
Pour cela on utilisera des "lattes rabotées" de section 14 x 30 mm. Il faudra choisir des lattes en bois "ramin" car sans défaut et veiller à ce qu'elles soient bien droites.
Ces lattes sont vendues en longueur de 2 mètres, leur section réelle étant de 13 x 28 mm.

Figure 1. « Les cadres »
b) On mettra en place ensuite la moustiquaire comme indiqué plus loin.
c) Ces cadres seront réunis deux à deux grâce à 2 (ou 3) charnières non oxydables (laiton ou acier zingué) de 40 x 25 mm.
On aura ainsi obtenu deux éléments repliables qui, lors du montage sur le terrain, seront ouverts à 90° et disposés verticalement puis solidarisés l'un à l'autre par un système simple (voir plus loin).
Ce cadre sera posé sur le "socle" dans lequel il s'encastrera. On aménagera alors son intérieur, puis on mettra en place le "toit". La batterie sera placée sur cet ensemble lui donnant une bonne stabilité.
"Socle" et "toit" constituent les deux éléments de la "valise" dont nous donnons ci-dessous les détails de fabrication.
2°/ Fabrication de la "valise"
Cette valise est destinée à contenir les quatre façades précédemment fabriquées ainsi que le (ou les) tubes lumineux.
Elle est composée de deux parties qui serviront de "socle" et de "toit" au piège. On les fabriquera avec du contre-plaqué "marine" de 10 mm d'épaisseur.
Découper les panneaux suivants :
- pour le toit : 67 x 55,5
- pour le fond du socle : 65 x 53,5
- pour les côtés du socle : 55 x 8,5 (deux fois) et 65 x 8,5 (deux fois)
Les quatre côtés du socle seront assemblés de telle sorte que l'ensemble mesure exté-rieurement 67 x 55,5 cm et le fond "f" sera placé de telle sorte que la hauteur interne soit de 6,5 cm.

Figure 2. « Le socle ».
L’espace intérieur aura donc 65 x 53,5 x 6,5 cm. Cette manière de
procéder fera que, ce socle étant retourné, il présentera tout autour un rebord
de 1 cm dans lequel s’encastreront trois des
quatre
façades du piège lui donnant ainsi une bonne stabilité.
Afin que cette cavité puisse se drainer en cas de pluie on pratiquera avec une mèche à bois plusieurs orifices d’écoulement « o ». (voir figure 3)
Figure 3.
La valise étant terminée il restera à la peindre, à mettre une poignée de portage et à placer un système de fermeture entre le socle et le toit. Son poids total avec les deux tubes lumineux est d'environ 6 Kg.
3°) Mise en place de la moustiquaire avec confection des
"chicanes de pénétration"
La description de cette fabrication est difficile; aussi on se
reportera aux divers schémas et d'abord à celui (figure 5) qui montre une coupe
d'une des façades du piège et qui fait comprendre le mécanisme de pénétration :
attiré par la lumière, l'insecte bute sur la moustiquaire, puis il monte
et
s'engage dans une des deux chicanes "A" ou "B" et il
pénètre à l'intérieur.
La position des deux chicanes n'a, bien sûr, rien d'impératif.
Si je donne des dimensions c'est pour faciliter le travail de celui qui se lancera dans cette fabrication.
Pour chacune des faces on découpera 3 morceaux de moustiquaire. Ces morceaux auront tous 60 cm de long afin de couvrir sans problème les 52 cm de large d'un cadre; le surplus sera coupé à la fin du montage. La hauteur respective de ces trois fragments "a", "b" et "c" sera de 27cm, 25cm, l5cm.
On commencera par mettre en place le fragment inférieur "a" en faisant en sorte que la partie supérieure amorce la chicane de pénétration "A". On placera ensuite le fragment du milieu "b" qui chevauchera le précédent sur 7,5 cm laissant entre eux l'espace de pénétration. On donnera à la partie supérieure de ce fragment le même mouvement qu’au précédent afin d'amorcer la chicane supérieure "B". On mettra enfin en place le fragment supérieur "C" sans problème puisque cette partie est plane.
Il faut faire en sorte que le tissu de la moustiquaire soit le mieux tendu possible. La colle utilisée ne devra pas être hydrosoluble sinon la rosée du matin la ferait dissoudre. On s'aidera également d'agrafes.
Les deux chicanes de pénétration laissent donc un espace théorique de 1,3 cm (l'épaisseur d'une latte) pour le passage des papillons. Mais, en pratique, la tension de la moustiquaire n'étant jamais parfaite cet espace sera inégal. Il va falloir l'améliorer et le régulariser en mettant en place des parallélépipèdes de mousse (2 par largeur) de 10 x 2 x 2 cm qui maintiendront correctement ouverts ces orifices. Cette mousse sera maintenue en place par un fil Nylon transfixant.
On s'apercevra à l'usage que ces orifices, pourtant étroits, autorisent l'entrée même de très gros papillons comme un Grand Paon de nuit ou un Sphinx tête de mort qui s'y glissent sans problème.
4°) Matériel complémentaire
- l0 cartons à oeufs (dimensions 30 x 30 x 5 cm )
- un interrupteur crépusculaire (voir plus loin) ou une minuterie
- un "occulteur", morceau de tissu très opaque à la lumière (ce tissu est utilisé pour doubler les rideaux) de 50 x 50 cm environ.
Cet occulteur
sera très utile lors de la mise en place du piège éclairé par le soleil
couchant : on recouvrira l'interrupteur crépusculaire avec
ce tissu, ce qui permettra de vérifier que la source lumineuse s'éclaire bien.
- un thermomètre mini-maxi
- sac poubelle ( voir plus loin)
Pour la récolte une bonne demi-douzaine de flacons à tuer dont un grand modèle de stockage
- petits tubes pour conserver les « micros ».
- pinces souples et papillotes
- un carré de mousse épaisse sera bienvenue pour soulager les genoux lors d'une récolte prolongée.
A la maison :
- chargeur d'accus
- eau distillée
- un "pèse-accu" pour vérifier la charge
5°) La source lumineuse
On utilisera un tube néon à rayonnement attractif fonctionnant sur 12 volts grâce à un mécanisme spécial. Les commerces en entomologie proposent ces tubes en 8, 15 et 18 watts soit en lumière "superactinique" soit en lumière "noire".
J'ai finalement adopté le tube 8 watts (figure 6) qui m'a paru aussi attractif que le 18 watts et j'ai pris l'habitude d'utiliser un montage en parallèle comportant un tube 8 watts superactinique et un tube 8 watts lumière noire. Mais je ne saurais affirmer, même après un usage prolongé, que cette association soit bien plus efficace qu'un seul tube.
A noter que ces éclairages sont généralement vendus avec un cylindre plastique protecteur. Dans le montage que j'ai réalisé (figure 6) le cylindre protecteur, qui peut arrêter une partie du rayonnement, a été supprimé.
6°/ L'interrupteur crépusculaire
L'interrupteur crépusculaire sans être indispensable est très utile. Il permet d'économiser au maximum la source d'énergie puisque la lumière ne s'allumera qu'au crépuscule pour s'éteindre automatiquement à l'aurore.
J'ai eu l'occasion d'en fabriquer plusieurs, qui m'ont donné toute satisfaction, à partir d'un schéma de montage qui m'avait été fourni et qui
est représenté sur la figure N° 7. On pourra l'installer dans une boîte de dérivation étanche de 11 x 11 x 6cm visible sur la photo N°
Pour ceux qui ne seraient pas bricoleurs, je signale que, dans le rayon automobile des grandes surfaces, a été mis en vente un "système d'allumage automatique des phares" (pour un prix de 160 F) qui pouvait facilement être adapté.
7°) Mise en place du piège
Pour la mise en place du piège on aura donc à transporter :
la batterie (10 Kg ou 2 Kg si batterie moto)
la valise piège
les cartons à oeufs, l'interrupteur crépusculaire et quelques accessoires : tissu occulteur, thermomètre etc..
Le matin on devra, en plus, emporter le matériel nécessaire à la récolte.
Tout cela se transporte sans difficulté en un seul voyage sur 200 à 300 mètres : la valise dans une main, la batterie dans l'autre, le reste dans un sac à dos.
A l'endroit choisi on posera le socle, retourné, puis on mettra en place les deux moitiés du cadre qui s'encastreront dans les rebords du socle. Il est souhaitable de solidariser les deux parties du cadre grâce à un système simple : par exemple des clous introduits à frottement dur dans des orifices traversant deux lattes face à face (voir figure 7). 4 clous en tout suffisent.
Figure
7.
Ces clous seront attachés à un fil Nylon pour ne pas les égarer d'un jour à l'autre.
On placera ensuite les cartons à œufs : six seront disposés horizontalement l'un sur l'autre avec un certain décalage afin qu'ils ne s'encastrent pas l'un dans l'autre. Les quatre derniers seront placés verticalement autour de la pile des six précédents. Il est recommandé de mettre quelques pierres sur le carton supérieur pour stabiliser l'ensemble en cas de vent.
La source lumineuse sera alors installée la suspendant avec un système simple ad hoc.
On posera le "toit" puis la batterie qui stabilisera l'ensemble.
L'interrupteur crépusculaire sera branché et on fera un essai de bon fonctionnement avec le tissu occulteur.
Il est souhaitable de couvrir la batterie avec un sac poubelle car cela fait plus discret et constitue une protection par temps de pluie.
Une notice informant les curieux de passage peut être ajoutée à la fois pour les rassurer et les inciter à respecter cet "appareil destiné à l'étude scientifique des insectes nocturnes."
Cette mise en place est faite en quelques minutes dés qu'on en a un peu l'habitude.
8°) Choix du site
Le piège sera placé autant que possible sur une butte qui lui permettra de dominer le site choisi. Ce qui est important c'est de faire en sorte que le soleil levant ne vienne pas frapper le piège. En effet, la plupart des Géomètres se mettent en activité dés que le soleil les touche ce qui gêne et compromet leur récolte.
Il faut donc préférer dans la mesure du possible les pentes qui regardent l'ouest. Sinon il faut placer le piège à "l'ombre" d'un obstacle : mur, arbre afin qu'il soit à l'abri des rayons du soleil levant.
9°) Récolte
On a avantage pour de multiples raisons, à venir récolter le matin sans trop attendre, comme dit plus haut et autant que possible avant que les rayons du soleil ne viennent toucher le piège ; sinon on risque de perdre un certain nombre de Géomètres ou de micros.
En raison du grand nombre de spécimens attirés par ces pièges (parfois plusieurs centaines !), il faudra être muni d'un nombre important de flacons à tuer. Personnellement j'utilise une demi-douzaine de flacons à cyanure que je confectionne. Quand plusieurs sont occupés, je reviens au premier pour extraire le papillon qui est suffisamment engourdi pour le sortir sans risque et l'examiner. Si on estime l'exemplaire sans intérêt particulier on peut le relâcher et il ne tardera pas à se réveiller. Si on veut le conserver, on lui redresse éventuellement les ailes, on le met en papillote qui sera placée dans un grand flacon à cyanure de stockage. Dans ce dernier sont disposées des cloisons permettant de placer les papillotes verticalement ce qui évite les écrasements et protège les franges.
En pratique, en arrivant, on commencera à faire prudemment le tour du piège et on récoltera les individus qui sont posés sur ses flancs. Ensuite, on essaiera de repérer les espèces intéressantes qui sont à l'intérieur afin de les récolter en premier. Pour cela il va falloir enlever le toit. Cette opération sera faite avec douceur mais cela ne suffira pas toujours et la plupart du temps il faudra se résoudre à perdre quelques géomètres qui vont s'envoler. Toutefois si on a prévu d'avoir le filet à portée de main on pourra récupérer une espèce jugée intéressante. Des collègues ont imaginé des pièges avec ouverture sur le côté ou avec un couvercle en forme de toit, ces dispositifs évitant les évasions.
Le toit enlevé, on commencera par capturer, au flacon, les Géomètres les plus intéressantes. Cette capture ne pose généralement pas de problème lorsque le papillon est posé sur une des parois verticales ; par contre pour les exemplaires qui sont nichés dans les alvéoles des cartons à oeufs on devra procéder avec prudence. La plupart des noctuelles restent immobiles et font "le mort" lorsque on les touche. Ce qui fait qu'en pratique on pourra les saisir grâce à une bonne pince souple par une patte et prestement les mettre dans un flacon préalablement ouvert. Il n'y a pratiquement pas de perte. Par contre la plupart des Géomètres, surtout si il y a du soleil, ont tendance à s'envoler brusquement dés qu'on les approche. La méthode précédente ne peut être utilisée. Aussi après divers tâtonnements j'ai fabriqué un petit instrument très commode que j'ai appelé la "seringue à Géomètre".
10°) La "seringue à géomètre" (fig. 8)
Avec du Rhodoïd transparent et souple on confectionne un cylindre de 15 à 20 cm de long et de 2 à 3 cm de diamètre. L'une de ses extrémités sera habillée par une couronne de poils souples de 1,5 à 2 cm de long. Pour cela on utilisera les poils d'un vieux pinceau qui seront fixés par encollage. Enfin une boule de coton sera introduite à frottement dur dans l'autre extrémité.
On confectionnera ainsi plusieurs "se-ringues" de différents calibres ( 1,5 - 2,5 - et 4 cm de diamètre) qu'on choisira en fonction de la taille du papillon à capturer. La seringue à Géomètre est prête à fonctionner : on l’approchera avec précaution du spécimen choisi qu’on coiffera avec la couronne souple. Le papillon va alors "monter" dans la seringue qu’on obturera prestement avec la main gauche pour l’emprisonner. La seringue sera alors introduite dans un flacon à cyanure, couronne vers le bas.
La Géomètre va refuser d'y pénétrer en raison de sa propension à toujours monter. En la poussant à l’aide d’une baguette, la boule de coton va alors jouer le rôle du piston de la seringue refoulant la Géomètre récalcitrante dans le flacon.
Le tour de main est vite acquis et grâce à ce petit instrument les pertes seront réduites au maximum.
CONCLUSION
L'utilisation de ce type de piège portable m'a permis d'en apprécier la grande efficacité. Aussi sentira-t'on la nécessité d'en construire un deuxième voire un troisième qui, placés à quelques distances l'un de l'autre permettront de rentabiliser une sortie en explorant plusieurs biotopes, voisins mais différents.
En outre ce piège respecte la faune ce qui doit être le souci constant de tout entomologiste. En effet il permet d'exercer un choix des exemplaires que l'on veut conserver et la très grande majorité des papillons captifs pourront être relâchés sans dommage.
(*) Villa « Roca Malva » 20, av. du Dr. Bouix
F - 66110 Amélie-les-Bains
Piège en « lampion ». Extrait de R.A.R.E.
T. VII (3), R. Mazel.

L’allure générale évoque le dispositif suspendu qualifié de modèle intermédiaire ci-dessus (voir article revue) mais il n’y a pas d’armature en bois. Seuls deux cadres en fil de fer fort, l’un en haut, l’autre en bas supportent un voilage et quatre cordes directement cousues sur le fil de fer. Le fond peut être constitué d’une toile plus résistante. Le reste de la construction, système d’ouverture, entrées, suspension, etc, sont semblables à ceux décrits précédemment. Le tout se plie en accordéon totalement à plat sans se démonter.
L’esthétique et la recherche d’un moindre encombrement ont conduit à un modèle cylindrique qui pose le problème classique de l’intersection du cylindre par un plan plus ou moins incliné de manière à définir la forme à donner aux chicanes d’entrée... Une articulation aménagée selon un diamètre des deux cercles métalliques réduit sensiblement l’encombrement par pliage.
Parvenu à ce stade d’expérimentation, partant à vrai dire dans tous les sens, et surtout enrichi de nombreuses observations de terrain, j’ai pris conscience de l’inutilité de quantité de dispositifs : l’entrée des papillons s’effectue très bien par une simple fente qu’il suffit de prolonger, par pliage, un peu à l’intérieur du piège pour éviter les sorties ; les bandes rigides n’apportent rien de plus car les papillons écartent aisément le tulle pour entrer.
Les fermetures éclair verticales se trouvent avantageusement remplacées par simple superposition, sur environ 12 cm, des bords de deux voiles de nylon et l’on peut glisser les mains par ces fentes pour accéder à n’importe quel point de la cage.
Le fond du « lampion » étant tenu par quatre ficelles rattachées au cercle supérieur, il suffit de coudre le tissu en haut et de le fixer en bas à l’aide de quelques pinces à linge. Il est ainsi extrêmement facile d’intervenir à l’intérieur et d’en vider totalement le contenu.
La section circulaire n’est pas déterminante et ne facilite d’ailleurs pas l’exploration intérieure ; il est plus avantageux de disposer de deux surfaces planes séparées par une faible épaisseur, ce qui oriente vers une section en rectangle curviligne ou en ovale aplati !
De plus, les nylons blancs paraissent très attractifs du fait qu’ils s’éclairent fortement en « lumière noire » mais les teintes sombres facilitent l’observation : un panneau blanc, derrière, peut parfaitement emboîter latéralement un panneau noir devant...
La synthèse conduit à la construction des figures 16 et 17.
Il est amusant de s’arrêter un instant sur l’évolution qui se dégage
de l’ensemble des montages proposés : à partir d’un modèle extrinsèque, la
tente, l’adaptation à une fonction spécifique s’est
faite
en conservant la forme, l’architecture, les ouvertures à glissière... Puis une
adéquation de plus en plus fine aux impératifs et expériences de terrain a
induit la réalisation d’un montage fonctionnel, affranchi de ses origines et
caractérisé par sa logique propre. Le génie serait-il la faculté de concevoir
d’emblée un tel produit ?
V — Aménagements intérieurs.
1 — Source lumineuse.
J’utilise un tube de 8 Watts dans le proche ultra-violet, dit à « lumière noire », alimenté par une batterie en 12 Volts. Le support et dispositif d’allumage tu tube peuvent provenir des « baladeuses » de garage dont il suffit de remplacer le tube « lumière blanche » de même ampérage. Laisser l’ensemble le plus ouvert et aéré possible. Les marchands d’accessoires et d’équipements pour caravanes, mobil-home, etc, proposent des réglettes 8 Watts et 12 Volts de bonne qualité. Il est bon, ici aussi, de déshabiller, voire »désosser », le montage d’origine. Adapter simultanément une feuille de plastique, dorsalement, contre la pluie et prévoir la suspension. (au passage : il existe aussi des réglettes et tubes 13 Watts en lumière blanche qui font merveille lors des chasses de nuit à la lumière actinique pour nos yeux évidemment et non ceux des Lépidoptères).
Pour le dispositif automatique d’allumage-extinction par cellule photo-électrique, voir l’article de Charles Tavoillot. Il y a quelques années, des appareils d’allumage automatique des phares d’automobiles étaient vendus dans les magasins spécialisés... ils semblent malheureusement avoir disparu !
2 — Caches et abris.
Faire provision des incontournables cartons à oeufs et les découper en ensemble de 2 alvéoles, au maximum 4, pour tapisser généreusement le fond des cages, en vrac. Quelques heures plus tard ou le lendemain, une partie des « Mikado » improvisée permet d’explorer aisément toutes les cachettes en sortant un à un les cartons découpés.
3 — Protection contre la pluie.
Les clichés radiographiques font merveille ! Un rectangle incisé sur la moitié d’une de ses médianes se transforme en cône sur le fil de suspension des tubes en faisant légèrement chevaucher les bords coupés. Fixer à l’aide d’une bande adhésive préparée à la bonne longueur et laissée collée en attente, à plat sur le rhodoïd. La même protection peut-être placée sur le dessus des pièges suspendus. Pour les constructions en tente, il vaut mieux placer une feuille plastique assez réduite à l’intérieur de la cage pour éviter que les insectes ne se glissent entre elle et le toit. Cependant j’ai expérimenté une protection plus large, contre les orages de montagne, en tendant un double-toit transparent à l’aide de « sardines » et de petits tendeurs élastiques par dessus la cage au sol. Le matériel au sol est aisément protégé par de simples sacs étanches. L’humidité suffit à gonfler les montants de bois qui ne sortent plus de leur logement... Peintures ou vernis améliorent la chose mais il est bon de prévoir les emboîtements à frottement doux !
VI — Exploitation.
La vocation de tous les dispositifs décrits ici est de retenir prisonniers des papillons, et d’autres Insectes, pendant quelques heures de manière à pouvoir les libérer après contrôle de leur identité et opérations comptables diverses. C’est aussi l’occasion de photographier nombre d’individus vivants, inaccessibles autrement. Certes des prélèvements sont nécessaires, sélectifs dans le cadre d’études précises, plus éclectiques pour les identifications au gré des incompétences de chacun ou destinés à fournir des « exemplaires de référence » mais combien ? Mon propos n’est pas de verser dans la flagornerie écologique mais la raréfaction faunistique est une réalité à laquelle il paraît nécessaire d’ajuster les comportements même s’ils demeurent dérisoires par rapport à d’autres causes de destruction. On peut toujours épargner les femelles...
Pour certaines études éthologiques en particulier, il est possible de coupler deux pièges, de préférence non à vue l’un de l’autre, à l’aide d’un dispositif tel qu’il coupe l’alimentation de l’un au moment où il établit celle de l’autre. Des programmateurs horaires mécaniques utilisés dans certains modèles de chaudières mixtes accomplissent cette fonction... (1). Un tel dispositif doit permettre d’établir avec précision les périodes de vol de différentes espèces ou de chaque sexe à l’intérieur d’une même espèce.
Toutes les techniques rapportées ici ne s’appliquent qu’aux Lépidoptères nocturnes à phototactisme positif. Rien n’empêche cependant de remplacer le tube lumineux par une capsule de phéromones. Mieux, les combinaisons à un seul appât attracteur ou les deux ensemble pourraient permettre d’explorer la sensibilité de diverses espèces et conduire à des résultats inattendus. Je n’ai pas (encore) expérimenté dans ce domaine.
VII — Conclusions.
Toutes les constructions qui ont été présentées sont fonctionnelles mais non équivalentes pour satisfaire tel ou tel besoin dans des circonstances données. Les choix, outre les goûts de chacun, peuvent aussi s’effectuer selon la qualité privilégiée, résistance, légèreté, encombrement, rapidité de mise en oeuvre, etc. Les emplacements et les types de faune étudiés doivent être également pris en compte...
L’expérience aidant, les techniques évolueront certainement et nombre d’astuces ou résultats mériteront
d’être rapportés ici, faut-il écrire le mot fin ?
Les phéromones sont des hormones très puissantes que les femelles
secrètent afin d’attirer les males.
La fabrication de phéromones artificielles a été entreprise afin de
contrôler les insectes nuisibles aux cultures agricoles.
Elles sont utilisées principalement pour les Lépidoptères, en
particulier ceux des familles des Tordeuses et des Sésies.
Vous pouvez commander des phéromones pour les Lépidoptères à l’adresse
suivante :
Research
Institute for Plant Protection (IPO-DLO)
Binnenhaven,
5
PO Box 9060
NL-6700 GW Wageningen
E-mail : info@ipo.dlo.nl
Internet : www.ipo.dlo.nl
Ceci est la réponse à la question.
Ceci est la réponse à la question.
A l’age de quinze ans j’avais
déjà quelques problèmes pour ranger les insectes variés que je capturais dans
les environs de la propriété agricole de mes parents. Mon argent de poche ne
suffisant pas à l’achat de cartons à insectes je décidais d’en entreprendre la
fabrication.
Je présente ici un modèle qui
me donne entière satisfaction et qui répond aux critères suivants :
dimensions standard (40 x 50 x 5,53cm), esthétique réussie, étanchéité aux
parasites, faible coût. (moins de 50 F)
Pour des raisons de coût et de
productivité je recommande de fabriquer les boîtes en série.
Outils nécessaires :
n
scie sauteuse
n
marteau
n
mètre
n
crayon
n
pinces à linge
n
papier
“ émeri ”
n
cutter
n
ciseaux
Matériel :
— faire découper des plaques de contreplaqué
(épaisseur 3 mm) de dimensions 0,40 x 0,50m. Il est moins cher d’acheter une
plaque entière et d’en demander la découpe.
— plaques d’Emalène.
Pour ma part j’emploie des plaques de Depron
(6 mm d’épaisseur) qui est un isolant mural de couleur blanche à acheter dans
un magasin de bricolage (à Perpignan Leroy Merlin). Le Depron est proposé par 2 plaques de 0,80 x 1,245m.
— tasseaux de bois de 2 m x 28 mm x 5 mm et
de 2 m x 18 mm x 5 mm.
— vitres “ sous-verres ”
(épaisseur 2 mm) de dimensions 0,40 x 0,50 m. Se renseigner auprès de différentes
miroiteries les prix variant du simple au double !
— papier adhésif de type Vénilia.
— carton blanc épais bristol de 135 g/m2
— colle à bois
— pointes de 12 mm environ.

Fig. 1. — Présentation de la boîte avant
pose du Depron et
habillage.
Fabrication d’une boîte de 40 x 50 cm :
— à la scie sauteuse couper les tasseaux
afin d’obtenir :
2 baguettes de 40 cm x 28 mm
2 baguettes de 49 cm x 28 mm
2 baguettes de 40 cm x 18 mm
2 baguettes de 49 cm x 18 mm
— clouer les baguettes de 28 mm pour le fond
— clouer le contreplaqué (40 x 50 cm) sur
les baguettes assemblées
— coller à la colle à bois à l’intérieur 2
lames de bristol de 39 x 4,5 cm pour le petit côté et de 49 x 4,5 cm pour le
grand côté. Ajuster la dimension du bristol avant collage en le recoupant avec
de bons ciseaux.
— dans les plaques de Depron découper au cutter 8 plaques
de 38,7 x 48,7 cm (prix de revient
moins de 6 F la plaque). Un inconvénient à signaler : les aiguilles
laissent une trace dans ce matériaux. Coller à l’aide de plots de colle à bois
la plaque de Depron sur le fond.
Exercer pendant deux heures une pression sur les lames de bristol à l’aide de
pinces à linge.
— clouer entre elles les baguettes de 18 mm
du couvercle en les positionnant par rapport au fond précédemment créé.

Fig. 2. — Mise en place du papier adhésif
— habiller l’extérieur du fond de la boîte
par du papier adhésif. Commencer par les petits côtés avec des bandes de 6 cm
de large qui recouvrent la baguette et le bristol et se replient en dessous du
fond. Terminer par les grands côtés avec des bandes de 50 x 6 cm.
— positionner le couvercle sur le fond, poser la vitre dessus. La vitre
sera maintenue par l’habillage final en papier adhésif.
— habillage du couvercle : comme
précédemment commencer par les petits côtés avec des bandes de 5 cm de large
(il faut alors enlever le couvercle pour replier le papier adhésif à
l’intérieur) puis les grands côtés avec des bandes de 50 x 6 cm.
J’utilise ce modèle
depuis plusieurs années et je n’ai jamais constaté de pénétration de parasites.
Je dépose à intervalles réguliers dans la boîte une pincée de Trioxyméthylène qui est un puissant
stérilisateur que l’on peut commander en pharmacie.
Ce
produit n’attaque pas le fond des boîtes et permet d’éliminer les Poux de
poussières qui s’introduisent dans la boîte lorsqu’on y range un Papillon
provenant d’un étaloir infesté.
Les
boîtes peuvent enfin être rangées comme des tiroirs dans un meuble prévu à cet
effet et que l’on peut construire aussi soi même...
Ceci est la réponse à la question.
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modifications le : date